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La Légende des Ames-Soeurs par Aristophane

Posté par editecyloniah le 23 juin 2013

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Les hommes ne se rendent pas compte du pouvoir d’Éros, sinon ils lui auraient élevé les temples les plus imposants.

 Nul dieu n’est mieux disposé à l’égard des humains. Qu’était la nature humaine, et que lui est-il arrivé ?

 Notre nature était autrefois différente : il y avait trois catégories d’êtres humains, le mâle, la femelle et l’androgyne.

 De plus, la forme humaine était celle d’une sphère avec quatre mains, quatre jambes et deux visages,

une tête unique et quatre oreilles, deux sexes, etc.  Les humains se déplaçaient en avant ou en arrière, et, pour courir,

 ils faisaient des révolutions sur leurs huit membres. Le mâle était un enfant du soleil, la femelle de la terre,

 et l’androgyne de la lune. Leur force et leur orgueil étaient immenses et ils s’en prirent aux dieux.

 Zeus trouva un moyen de les affaiblir sans les tuer, ne voulant pas anéantir la race comme il avait pu le faire avec les Titans :

 il les coupa en deux. Il demanda ensuite à Apollon de retourner leur visage et de coudre le ventre et le nombril du côté de la

 coupure. Mais chaque morceau, regrettant sa moitié, tentait de s’unir à elle : ils s’enlaçaient en désirant se confondre

et mouraient de faim et d’inaction. Zeus décida donc de déplacer les organes sexuels à l’avant du corps.

 Ainsi, alors que les humains surgissaient auparavant de la terre, un engendrement mutuel fut possible par l’accouplement

 d’un homme et d’une femme. Alors, les hommes qui aimaient les femmes et les femmes qui aiment les hommes (moitiés d’androgynes)

permettraient la perpétuité de la race; et les hommes qui aiment les hommes (moitiés d’un mâle), plutôt que d’accoucher de la vie,

accoucheraient de l’esprit. Ces derniers sont selon Aristophane les êtres les plus accomplis, étant purement masculins.

L’implantation de l’amour dans l’être humain est donc ancienne. C’est l’amour de deux êtres qui tentent de n’en faire qu’un

pour guérir la nature humaine : nous sommes la moitié d’un être humain, et nous cherchons sans cesse notre moitié,

de l’autre sexe ou du même sexe que nous. Quand nous rencontrons notre moitié, nous sommes frappés d’un sentiment

 d’affection et d’amour : nous refusons alors d’en être séparés. Qu’attendent-ils donc, ceux qui passent leur vie ensemble?

Ce n’est certes pas la jouissance sexuelle. C’est quelque chose que souhaite l’âme, qu’elle ne saurait exprimer ;

et pourtant elle le devine : ce qu’elle souhaite, c’est se fondre le plus possible dans l’autre pour former un même être.

 C’est cela que nous souhaitons tous, nous transformer en un être unique.Personne ne le refuserait, car personne ne souhaite

 autre chose. Le nom d’amour est donc donné à ce souhait de retrouver notre totalité, et Éros est notre guide pour découvrir

 les bien-aimés qui nous conviennent véritablement. Le bonheur de l’espèce humaine, c’est de retourner à son ancienne nature

grâce à l’amour, c’est là notre état le meilleur. Éros nous sert en nous menant vers ce qui nous est apparenté,

il soulève en nous l’espoir de rétablir notre nature et de nous donner la félicité et le bonheur

extrait du discours d’Aristophane (Le Banquet de Platon)

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Le double de ma moitié

 Le mythe relaté par Aristophane développe les deux idées essentielles  qui caractérisent la croyance populaire aux âmes sœurs :

 la complétude et  la correspondance parfaite. Selon la première conception, chacun de nous  serait incomplet en tant que personne.

 Il lui manquerait une partie de lui-même,  sa moitié, pour redevenir entier. Du reste, dans le langage amoureux,  l’expression ma moitié

est souvent utilisée pour désigner son conjoint.  On notera toutefois que cette expression imagée, si elle peut paraître  charmante de

 prime abord, n’en reste pas moins dévalorisante pour chacun des  partenaires, considérés alors comme des demi-portions d’humain, 

 incapables de se suffire à eux même. D’après le mythe, chaque personne, marquée  par la nostalgie du paradis perdu,

se mettait en quête de sa moitié manquante  et ne pouvait gagner la paix qu’une fois celle-ci retrouvée. À ce moment, elle éprouvait 

 un sentiment de plénitude, l’impression d’être de retour dans son foyer après  un long voyage. Il est intéressant de relever qu’on ne

trouve pas son âme sœur  mais qu’on la retrouve. Dans la croyance populaire, il suffirait d’être  en présence de celle-ci pour la reconnaître

intuitivement, pour que l’évidence  illumine l’esprit à ce moment précis. Cette reconnaissance n’est d’ailleurs pas  si éloignée de l’idée

avancée par les psychanalystes selon laquelle nous sommes  attirés par certaines personnes car elles nous rappellent des sensations 

 déjà éprouvées auparavant, que l’on cherche à réactualiser. Dans les deux cas,  il s’agit bien de reconn

  L’autre point essentiel contenu en germe dans le mythe d’Aristophane  est la correspondance parfaite entre les deux moitiés.

En effet, si l’on  brise un tout en deux parties, ces deux moitiés s’adaptent parfaitement  lorsqu’on les réunit à nouveau.

 Elles sont faites l’une pour l’autre, comme  deux pièces d’un puzzle. En termes humains, cette correspondance parfaite se  traduirait par une

harmonie sans faille, où ni heurts ni conflits n’interviendraient,  en même temps qu’un sentiment de plénitude permanent.

texte de Yves-Alexandre  Thalmann

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